LES 3 TECHNIQUES QUE J’AI PIQUE AU JOUEURS PRO (ET QUE TU DOIS PIQUER AUSSI)

1 LA RIGUEUR

« Hein, il faut aller s’entraîner si je veux être performant, au début je n’y crois pas trop. Les footballeurs n’ont pas l’air de s’entraîner comme des dingues et ils courent bien leur 8-9 km par match sans souci. Je n’ai probablement pas besoin de tout travailler et je commence déjà à mieux faire les poussettes…ça va le faire. On m’a dit qu’il fallait juste que je sois présent pour compléter l’équipe. Trois mois plus tard, me voilà en compétition 4 weekends par mois. Je suis en train de sauter partout dans la bâche pour sauver le point. Et le pire c’est que j’adore ça, mais je ne gagne pas beaucoup de match. Ça me fait chiez, l’équipe perd encore à cause de moi, il faut que je m’organise pour être à la salle tous les mardis à 20h. Il y a entrainement, à ce qui parait l’entraîneur est sympa et fais bien avancer les joueurs présents. C’est promis je ne serai plus le maillon faible très longtemps LETS’GO… »

« L’inspiration c’est pour les adolescents » Stephen king

Je suis toujours fasciné par la façon dont les idéalisent les joueurs professionnels de tennis de table comme s’ils n’avaient eu aucune enfance ou adolescence. Mon point est qu’avant d’arriver au niveau nécessaire pour gagner leur vie grâce à leur passion et y consacrer tout leur temps.

Ils ne sont bien sûr qu’une infime partie parmi tous les prétendants à y arriver. Ils ont avant tout choisies une vie de sacrifices, de rigueur indéfectible envers leur obligation pour performer et atteindre leurs objectifs.

Dans leur très jeune année, quand aucun avenir n’est garantie ou tracé tellement le chemin est long et semé d’embûche. Il faut être fou pour passer son temps enfermé dans une salle de tennis de table pendant que d’autres enfants jouent à la console, au ballon ou juste glandent royalement.

Pour le reste d’entre nous, la simple action d’être présent à l’entrainement régulièrement va nous assurer d’obtenir un niveau de jeu suffisant pour gagner des matchs en compétition et ceux peu importe ton niveau.

Si tu attends que les planètes s’alignent, que la température soit la bonne ou que ta journée soit géniale pour aller à la salle. Tu n’obtiendras jamais de résultats probants et réguliers car tu ne seras jamais régulier toi-même.

Je ne me souviens plus de la dernières fois que j’ai raté un entrainement (avant que je les fasse moi-même bien sûr) car c’est tellement devenu une évidence, tellement imbriqué dans ma vie de tous les jours que je n’y pense même plus.

On me propose toujours plein de choses et je DIS NON. Si je dis oui une seule fois, les gens vont continuer à invoquer l’importance de cette occasion particulière et je ne pourrai plus jamais refuser aux autres personnes qui vont me proposer à l’avenir.

Aujourd’hui encore malgré plus de 20 ans de ping, certains proches continuent d’essayer de me détourner de mes objectifs (les êtres humains sont comme ça), mais certains ont bien compris que lorsque je dis : j’AI PING, il n’y a plus aucune négociation possible.

Sur cinq jours dans une semaine, hormis si tu dois travailler pour éradiquer la faim dans le monde…… Tu peux aisément trouver un jour à banaliser pour réaliser tes objectifs non ?!! N’attend pas d’avoir l’inspiration pour aller à la table et te faire mal. Et cela juste par principe….

2 LES CONDITIONS DE JEU POUR DU JEU

« Mince, j’étais plutôt dans une bonne phase depuis deux journées de championnat 5 Victoires sur 6 rencontres, +34 points de gagné, je sentais qu’il était en train de se passer quelque chose de favorable. Et là, double pas de chance, d’une part je me retrouve à jouer le tour de Critérium fédéral D2 dans la salle de Trifouilly-les-oies, je n’aime pas leur sol parquet. J’ai l’impression que la balle va trop lentement, cela ne va pas trop à mon jeu qui perd en efficacité. Et le pompon, ils nous ont fait jouer avec les balles stiga 3 étoiles. Elles sont ignobles, à chaque fois que j’essayais de faire un service long coupé, soit je la sortais soit elle arrivait molle et le joueur attaquait direct, j’ai prix cher – 28pt …. la prochaine fois je vais appeler le comité départemental avant de m’inscrire pour savoir où est ce qu’il compte nous faire jouer ce sera mieux… »

SE DESHABITUER POUR MIEUX AVANCER

Il existe un véritable paradoxe entre le bien-être que tout pongiste doit ressentir lorsqu’il arrive dans sa salle. Au début en terrain conquis, pour que ces sensations se déclinent en intention, et qu’il vienne hanter de sa présence les lieux tellement souvent et régulièrement qu’il fasse partie des murs.

Et en même temps il doit se préparer à sans arrêt être bousculé, dérangé lorsqu’il joue hors de ses terres, hors de son antre. Dès que je me suis engagé dans la voie de la compétition, j’ai rapidement fait le parallèle entre la régularité et la progression.

J’ai compris que les meilleurs joueurs savaient s’adapter dès les premiers instants en entrant dans une salle sans avoir touché la moindre balle. Aucun aprioriaucune fatalité, surtout avec deux joueurs qui évoluent forcément dans les mêmes conditions. Si mon adversaire est assez fort pour s’adapter à un sol glissant et à une marque de balle particulière, je dois le faire aussi.

«Hé jimmy, on a joué avec quelles balles le dernier match de championnat par équipe, je n’ai pas trop aimé la salle, je n’arrivais pas à garder mon service court coupé. J’étais obligé de servir sans effet si je ne voulais pas que mon service sorte »

« Je ne sais pas, je ne m’en souviens pas mais j’ai gagné mes 3 matchs …»

S’il y a des éléments qui te gênent dans une salle, ils gêneront probablement ton adversaire également pour peu que tu l’aides un peu.

Ce n’est pas pour rien qu’à L’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) ou beaucoup de pongistes professionnels s’entraînent. TOUTES LES TABLES SONT DIFFERENTES.

3 MON MATOS EST MA PASSION

« whouaa, je ne sais pas ce qu’a fait Jérôme, mais son revers part beaucoup plus vite que la semaine dernière. Je suis là, assis entre deux matchs d’entrainement et j’envie ses nouvelles balles rapides, Bertrand est tout surpris, il réussit tout de même à gagner, mais à l’arrache aux points d’écart. Dès la fin du match, je regarde directement Jérôme et lui balance « ça sent la ténergy tout ça ». Non pas du tout ,Calibra sound V3 DIRECT BOOST ….Cela me pique au vif fais voir , je fais quelque échanges avec , ça part tout seul quelle impression de facilité. Il me rétorque qu’il se sentait bloqué, car sa balle n’arrivait jamais à passer sans que l’adversaire la touche, donc samedi matin dernier il a été à la boutique pour changer de plaque. C’est vrai que depuis 6 mois j’ai mis ma nouvelle Nimbus GRID VENOM ….. je ne fais pas beaucoup de fautes mais l’adversaire me bloque presque à chaque fois.

Ça à l’air pas mal, je devrai peut–être changer moi aussi, allez cela ne coûte rien d’essayer. Si je n’arrive pas à gagner tous mes matchs ce weekend, il est temps de changer »

Ta raquette est un outil pas une baguette magique

Bien sûr que ta raquette va évoluer tout au long de ta carrière et que tu vas être amené à changer tes plaques (backside pour backside ou picot pour picot) durant certaines périodes. Mais cela doit toujours être fait en cohérence avec la réalité de ton jeu, de ton implication et de tes objectifs.

Voici une liste de recommandations lorsque vient cette étape :

Etape 1 : Changer ton bois qui s’alliera parfaitement avec les deux plaques déjà en place sera bien plus facile que changer les plaques elle-même.

Etape 2 : Changer l’épaisseur de tes plaques, cela sera beaucoup plus facile d’apprendre à maîtriser la même plaque en plus rapide (car je sais que tous les pongistes ne jurent que par ça), qu’une toute nouvelle plaque avec une plus grosse épaisseur + une autre plaque avec une autre épaisseur. Ce qui conduit évidemment à des salles remplies de pongistes qui ne comprennent rien à ce qui se passe dans leur raquette.

Etape 3 : Change tes deux plaques en même temps, car sinon tu vas te créer au fur et mesure une distorsion dans les sensations que tu éprouves. Une fois cet équilibre détruit, tu passeras ta carrière à la recherche de sensation que tu ne trouveras jamais. Les fabricants dépenses des sommes considérables en Recherche et développement pour permettre aux joueurs d’avoir la même plaque en Coup Droit et Revers (profite-en)

SOIS PATIENT…En dessous du classement 13-14 je te déconseille fortement de tester des mélanges, car cela nuit à ton processus technique.

Etape 4 : 1 semaine ou 6 mois. Soit tu essayes 1 semaine (au moins 3 séances), tu te rends compte que rien ne va et tu changes pour retrouver de la stabilité. Soit tu te rends compte que tout n’est pas parfait, mais que tu peux travailler dessus donc au moins 6 mois de travail avant tout autre changement (sinon comment tirer le meilleur)

Etape 5 : Si ta technique te le permet et que c’est indiqué, changer pour mettre une ou deux plaques spécifiques mais c’est encore un autre sujet…

JE TIENS A PRECISER QUE LES NOTES EN VITESSE, ADHERENCE OU CONTROLE OU AUTRES NE SONT QUE DES INDICATIONS CAR IL EXISTE DES MILLIERS DE COMBINAISONS ET QU’EN GARDANT UNE STRUCTURE DE RAQUETTE SIMPLE TU POURRAS PLUS FACILEMENT TROUVER TA RAQUETTE IDEALE.

Je sais que j’ai la bonne raquette car lorsque je touche la balle:

– Je sens quand je l’ai touché trop tôt ou trop tard.

– Je sens quand je ne l’ai pas gardé assez longtemps dans ma raquette.

– Je sens quand j’aurai du plus la frotter ou frapper.

– Je sens quand la raquette aurait dû être plus fermé ou ouverte.

– Je sens comment j’aurai dû la jouer pour qu’elle retourne sur la table.

Bien évidemment que les pongistes professionnels de tennis de table apporte un soin tout particulier à leur matériel et qu’il s’amuse tout comme nous a échangé et tester leur matos et toutes sortes de choses à la salle (ils y passent cinq fois de plus de temps que chacun d’entre nous, encore heureux).

Mais ce soin apporté n’a jamais consisté à modifier leur matos, après chaque compétition ratée, chaque séance d’entrainement de piètre qualité ou après juste un mauvais match.

Cela m’est toujours étrange de voir, à au combien leurs manies du détail et de la performance s’est transformé dans le monde amateur en un grand n’importe quoi au détriment de la progression de bon nombres de joueurs.

Ils savent pertinemment que pour progresser, il faut rassembler un nombre de facteurs importants et leur raquette n’en reste qu’une partie en fin de compte. IL NE FAUT NI LA NEGLIGER NI LA SACRALISER.

JE PING DONC JE SUIS

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Jonas Mitonga

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